Je n'ai jamais

« On a une peur bleue de la mort et pourtant on est incapable de donner de la valeur à ce qui nous permet d’être vivants : la respiration»

 Quelle contradiction humaine.  C’est la remarque que je me suis faite en sortant de ma retraite de 10 jours dans un temple bouddhiste en Thaïlande. Après avoir dédié mon temps à respirer en conscience, j’ai ressenti comme une impression de retrouver la vie juste en respirant. Et surtout, j’ai pris plaisir à héberger en moi le sentiment immense d’être heureuse.

Comment se défaire d’une sensation d’étouffement

Qui n’a jamais connu cette sensation d’étouffement dans sa vie ? Cette impression de manquer d’air durant une période de stress et d’anxiété sans réussir à retrouver son souffle. Une impression d’avoir un blocage au niveau de la cage thoracique avec l’impossibilité de le déloger. C’est l’hyperventilation qui se manifeste dans tout ton corps. Tu ressens une sensation de lourdeur. Ta bouche est sèche. Tu as chaud et froid en même temps. Tu transpires et ton corps ne devient que tension musculaire.

Prendre conscience de sa respiration.

 « Respire », c’est le conseil qu’on te donnera durant ces périodes d’étouffement et qui aura surement le don de t’agacer puisque c’est justement ce que tu n’arrives pas à faire. Ce n’est pas étonnant, aussi bienveillant et aidant que sont les gens qui vont te conseiller de « respirer », ils n’utilisent pas le bon terme. Demander à quelqu’un de respirer et la première chose qu’on trouve à dire, mais c’est contre-productif. C’est comme dire à une personne qui veut perdre des kilos « perd du poids », ça n’a aucun impact, pire, ça accentue le problème.

  « Ferme les yeux, observe ta respiration de l’intérieur, regarde ce qu’il se passe dans ton corps », c’est ce que je te donnerais comme conseil si une telle situation venait à pointer le bout de son nez dans ta vie. Prendre conscience avec sa respiration, cet acte si anodin, qu’on ne sait plus faire et qui a pris tout son sens quand je suis parti apprendre à méditer en Thaïlande.

Un besoin de créer une rupture de mon mode de vie

Quand les contraintes pèsent sur sa vie, la seule échappatoire est de créer une rupture de son mode de vie. J’ai toujours eu l’impression de vivre ma vie comme un film en accéléré sans jamais pouvoir appuyer sur le bouton pause. Comme un sentiment d’avoir loupé un train roulant à grande vitesse sans avoir réussi à me raccrocher aux wagons. La sensation d’étouffement constant était devenue trop pesante. J’ai alors décidé de prendre mon sac est de partir en Asie.

Pourquoi s’isoler dans un monastère en Thaïlande pour apprendre à méditer.

Je n'ai jamais

 Quand j’ai débarqué en Thaïlande pour vivre cette expérience, il y a 2 ans, j’étais ignorante sur la méditation. J’ai oublié de te signaler, c’est bien de méditation que l’ont va parler maintenant. J’ai fait le choix de ne pas utiliser ce terme au début pour ne pas faire peur aux personnes réfractaires et surtout démystifier ce terme trop souvent incompris. La méditation est un outil pour prendre conscience de sa respiration et s’observer de l’intérieur. Rien de plus, rien de moins. Un outil incroyable pour calmer la sensation d’étouffement que tu peux ressentir parfois.  

Les raisons qui expliquent le choix de s’isoler dans un monastère sont très variées. On ne va pas se mentir, c’est la solution la plus radicale si on veut vivre l’expérience de ne plus être au contact avec l’extérieur et réussir à s’observer de l’intérieur. Surtout, c’est l’endroit idéal pour qui veut couper avec sa vie, prendre une pause, apprendre à vivre et à écouter le silence. C’est en quelques sortes un refuge. Chaque personne à sa propre raison pour s’y refugier sans vraiment savoir ce qu’il va bien y faire appart « méditer ».

Pratiquer la méditation Anapana au monastère « Wat Pa Tam Wua »

Le monastère de la foret Wat Pa Tam Wua est très populaire dans le monde. Très facile d’accès dans le nord de la Thaïlande, il n’impose pas de date d’arriver ce qui permet une certaine liberté pour y séjourner. Il y est enseigné la méditation « Anapana » qui est un basique de cette pratique d’introspection. C’est une belle manière de commencer sans trop de rigidité, juste ce qu’il faut.

Je n'ai jamais

La méditation Anapana : l’attention sur le souffle.

La méditation Anapana est l’observation de sa propre respiration, de ses sensations, de ses pensées. C’est une respiration en conscience. La technique est de porter son attention sur l’air qui rentre dans les narines à l’inspiration et l’air qui ressort à l’expiration. Imagines rester 10 jours, assis durant 5 heures à observer ta respiration. Tu ne te sens pas capable de le faire? Pourtant, c’est ce que tu fais tout les jours. Il n’y a pas un moment dans ta vie ou tu n’a pas de l’air qui rentre dans les narines et qui ressort (sauf si tu te le bouche on est d’accord). La seule différence ,c’est qu’en méditant, tu y es attentif. Ça parait assez dingue de rester autant de temps à porter son attention sur son souffle pourtant, c’est ce que font les moines à longueur de journée. Ils sont dans ce temple par choix et par l’envie profonde de partager leur vécu, leur expérience et guider les autres vers la méditation. C’est quelque chose qu’on ne peut pas croire tant qu’on n’a pas fait l’expérience par soi-même.

Mon témoignage de cette expérience

Totalement novice dans ce domaine, j’ai débarqué ignorante dans ce monde inconnu pour moi. Je me suis retrouvée avec une centaine de personnes désireuses d’amener un mieux-être dans leur vie et sortir de leur période d’étouffement. 

Les 5 jours de douleurs psychologiques et physiques intenses

As-tu déjà fait l’expérience de rester assis et regarder ce qui se passe en toi ? On se rend vite compte qu’on n’est pas tout seul à l’intérieur. Durant ces 5 jours de douleurs psychologiques et physiques intenses, j’ai eu l’impression de me battre avec des entités que je ne connaissais pas et qui pourtant vivaient en moi.  Je n’arrêtais pas de me dire : « Comment est-il possible de laisser vivre tant de personne dans ma tête sans réussir à les faire taire ». Ces voix n’avaient pas signé le bail pour cohabiter en moi. Cinq jours à alterner entre des moments de calme et d’agitation mentale, d’apparition de souvenirs du passé, de l’enfance, des projections d’un futur bancal sans compter les douleurs physiques intenses. Mes genoux me faisaient affreusement souffrir et la position assise, très dure à tenir. 

Je me souviens avoir demandé conseil à un des moines et avoir reçu cette réponse avec une voix si bienveillante :

« La douleur est dans ta tête, observe la sensation. Ce n’est pas une douleur mais une sensation. Vous les occidentaux, vous compliquez toujours tout. Si tu as des difficultés à te lever le matin pour méditer, c’est que tu n’as pas de volonté, c’est tout. Sais-tu pourquoi, nous les pratiquant, nous arrivons à nous lever tôt pour méditer ? Parce que nous l’avons décidé. Quand le réveil sonne, nous nous levons. C’est tout »

Voilà … voilà !!! Me suis-je dis en remontant dans ma chambre avec l’impression d’avoir bien mérité ce petit remontage de bretelle bienveillant. Je n’ai rien à répondre. Il a tellement raison. 

Je n'ai jamais

Le miracle des jours suivants

Le lendemain des paroles du moine, quelque chose avait changé en moi. J’ai arrêté de réfléchir au réveil. J’ai réussi à me lever pour méditer. J’ai travaillé à ne pas m’identifier à la douleur de mes jambes. Le moine avait raison, je ne faisais pas preuve d’assez de volonté. Trop tendance à vouloir tout avoir le plus rapidement possible. Je voulais savoir méditer sans trop devoir pratiquer, sans me faire violence sauf qu’à un moment donné, il faut mettre de côté son ego et s’abandonner totalement. J’ai pris conscience du pouvoir que j’avais en moi, dès le matin, d’avoir un contrôle sur mes pensées et surtout de ne pas leur laisser la place et le temps d’interférer dans ma vie.

J’ai donc passé les 4 derniers jours dans un isolement discipliné totale. Cinq heures du matin, les yeux ouverts, un pied au sol puis le deuxième, réveillée pas le temps de réfléchir, j’allais prendre conscience de ma respiration.  C’est à cette instant que la magie à opéré. J’ai réussi à toucher du doigt un semblant de calme, mais surtout, j’ai pris conscience de la discipline sans faille que mon corps menait dans ma vie. Tous les jours, il me permet de respirer. Il ne faiblit pas sauf quand j’interfère. Il est présent, tout le temps en moi, il me maintient en vie et je peux compter sur lui. Il m’offre toute sa confiance et m’accompagne quoi que je fasse. Il me soutient et me stimule. Et moi? Qu’est ce que je fais pour lui? C’est en alimentant ces pensées que j’ai, le dernier jour, affiché un sourire de béatitude sur mon visage et ressentis un sentiment de gratitude pour mon corps et pour moi-même. J’ai surtout compris, que le premier grand pouvoir de l’être humain, c’est tout simplement de respirer.

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Angelique Morel

angelique morel

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