Je n'ai jamais

Si on m’avait dit un jour, que j’allais avoir un soupçon d’intérêt pour vivre dans un camp spirituel, j’aurai crié au fou. Être spirituel était pour moi un concept bien trop étrange. Difficile pour moi de croire que dans cette vie physique, il existe un monde parallèle invisible. Beaucoup trop tiré par les cheveux et d’un bon film de Spielberg. Je n’avais jamais vraiment cherché à comprendre ce monde non palpable. Et pourtant, c’est après mon séjour dans un temple bouddhiste que j’ai continué dans ma lancée, pour m’ouvrir à ce monde si nouveau pour moi. Je m’en vais de ce pas vous raconter ma petite histoire.

Le projet de pleine conscience « Mindfulness » en Thaïlande

Mindfulness signifie « pleine conscience » qui est notre capacité à porter notre attention intentionnellement et sans jugement sur l’instant présent. C’est en quelque sorte une philosophe de vie qui amène à développer sa propre présence aux gens, au monde, à l’univers. A la tête de ce projet un peu fou, un couple d’Allemand désireux de créer un endroit de partage, d’entraide pour quiconque à envie développer une vie de pleine conscience. Ayant passé plusieurs années auprès des moines Bouddhistes en Thaïlande, c’est tout naturellement, que le maître des lieux et sa femme on construit ce camp dans ce pays.

Je n'ai jamais

Pas facile de se détacher de ses conditionnements et de s’abandonner totalement

Quand je suis arrivée au camp spirituel, une collaboratrice du projet est venue directement me prendre dans ses bras. Une étreinte aussi intrusive d’une inconnue ne m’a pas laissée de marbre. C’est le corps tendu, surprise de tant de spontanéité, que j’ai accueilli cet enlacement. Il y avait du monde dans la cuisine. Ils m’ont tous accueilli avec un magnifique sourire. J’ai eu l’impression d’arriver dans un week-end organisé de potes. C’était aussi agréable que déroutant d’exister à ce point-là pour des inconnus. Encore très accroché à mes conditionnements, je n’avais pas encore l’ouverture d’esprit et l’expérience de réussir a m’abandonner sans émettre ce genre de réflexion dans ma tête en gardant le sourire pour ne pas leur montrer ma gêne : « Pourquoi sont-ils aussi gentils. Ça cache quelque chose. Dans quoi, me suis-je embarquée ?»

Se retrouver avec des gens qui vont dans la même direction que moi

Puis la tension a laissé la place au relâchement. Au fil des jours, je me suis nourrie de cette bienveillance et positivité que pouvaient avoir des gens inconnus pour moi. Pourquoi toujours voir le mal partout. C’est parce que j’ai grandi dans ce genre de schéma que j’ai eu des difficultés à m’abandonner les premiers jours. La croyance que dès qu’une personne émet un semblant d’intérêt pour toi, ça ne peut pas être de la bienveillance pure et dure. Il y a toujours quelque chose derrière. Je passais mon temps à observer les gens se prendre dans les bras à tour de rôle tout au long de la journée, arborant des grands sourires. « Quand est ce qu’ils savent quand se prendre dans les bras, quel est le signal ? » était le genre de réflexion qui pouvait tourner en boucle dans ma tête, les analysant comme des bêtes curieuse. Puis un jour, j’ai commencé à être attentive et à l’être vraiment. La méditation et le yoga chaque matin me faisait un bien fou comme une impression de m’ouvrir à quelque chose d’incroyable sans pouvoir avoir une main prise dessus. Si ça fait peur au début, c’est une sensation de libération que je ressentais de plus en plus. La libération de me dire que je ne pouvais pas tout maitriser et que certaines choses n’étaient pas de mon ressort. Je me suis ouverte de plus en plus, entourée de gens aussi ouverts que moi et la magie de la pleine conscience a opéré.

S’ouvrir à l’autosuffisance

La première chose qui m’a sauté aux yeux en ce qui concerne le camp est le soin avec lequel la nature n’a pas été dénaturé. C’est le camp qui s’est adapté à la nature et non le contraire. Le sol est en terre battue. La salle commune est recouverte de tapis de paille tissée. Il y a des petits coussins partout. C’est le lieu de prises de repas, de regroupements et des enseignements bouddhistes. Le dortoir est dans le même style avec des moustiquaires qui recouvrent individuellement des petits matelas. Il n’y a aucun rangement. Chacun a son matelas et gère son espace personnel. Il y a deux toilettes sèches vidées une fois par semaine. Il y a quatre douches en plein air séparées par des murs tissés en bambou. Chaque douche à une poubelle énorme à remplir d’eau tous les matins. Pour se doucher, c’est un seau par personne et pas un de plus. Si un des volontaires prend trop d’eau, les autres n’en auront pas. Il y a un potager où les légumes sont cultivés, nous laissant tout le plaisir de cuisiner des aliments fraichement cueillis. Rien de plus, rien de moins, juste ce qu’il faut pour être heureux. De la bonne nourriture, des personnes pleines d’amour et de tolérance, une attention particulière portée à la protection de la nature et des enseignements de méditation et de yoga tous les jours. Que vouloir de plus. C’est une vraie vie en autosuffisance.

Je n'ai jamais

Développer l’amour au sens large

Dans ce camp, j’ai développé l’amour de la nature. Tous les matins, je lui donnais rendez- vous. Je me persuadais que c’était à partir du moment où le soleil me voyait qu’il se donnait le droit de se lever. Ça me faisait sourire de le penser. En réalité, la nature n’a pas besoin de moi pour se réveiller. Elle n’a besoin de personne. Elle sait ce qu’elle a à faire. Assise au fond du camp, les yeux fermés, je l’écoutais se réveiller. C’est une magnifique mélodie qui se jouait tous les matins et me permettait de me connecter à elle.

Grâce à ce rituel matinal, je me sentais exister dans ce monde. Comme une impression de recevoir toute la beauté de la nature en remerciement de l’attention que je lui portais.

J’ai aussi développé l’amour de moi-même et donc des autres. La méditation et le yoga m’aidaient chaque jour à m’aimer profondément. On ne travaillait pas l’aspect physique mais plutôt l’intérieur et ça change tout. C’est une transformation qui ne se voit pas, qui n’est pas là pour envoyer du rêve ou atteindre une rang social particulier. C’est un changement qui s’opère pour soi. C’est peut-être bien pour cela qu’on a des difficultés à faire valoriser ce style de changement dans notre société focalisée sur l’esthétisme. C’est parce qu’on ne peut pas le montrer que ça n’a aucun intérêt pour certaines personnes.

Et puis, à partir du moment où l’amour de soi est présent, s’en suit l’amour des autres et de la nature. Il y a des choses qu’on ne peut pas expliquer, elles ont lieu, c’est tout.

Je n'ai jamais

S’ouvrir au monde spirituel en vivant l’instant présent

S’ouvrir au monde spirituel ne s’apprend pas dans les livres. On peut y puiser des connaissances, mais bien sûr c’est par l’expérience que ce monde s’ouvre petit à petit. Si je devais donner un conseil pour celui qui veut s’ouvrir au monde spirituel sans avoir la possibilité d’aller en Thaïlande : développer son état de présence. Ce n’est pas pour rien qu’on nous répète souvent : vivre l’instant présent. C’est la porte d’accès du monde spirituel. Séjourner dans ce camp m’a donné tous les éléments nécessaires pour m’ouvrir à un monde davantage spirituel, un monde où les vraies valeurs humaines ont leur place.

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Angelique Morel

angelique morel

Bienvenue sur mon blog, je suis heureuse de partager avec vous mes réflexions, mes expériences de vie en lien avec le yoga, la sophrologie et le développement personnel.